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Erwan MAHÉ 
Allocation d'Actifs et Stratégies d'Options 
+33 1 53 05 57 20 

20 janvier 2009                                                        

                                              

             

 

                                    Toujours rien de rassurant…

           

                                                             

 

           Aucun répit du coté des valeurs financières, qui continuent à être attaquées à tour de rôle, avec Barclays en Angleterre, BNP en France, et State Street ou Citigroup et BoA aux US.

         Une étude publiée selon laquelle BoA aurait besoin de 80 B $ de capitaux supplémentaires, au moment où Mr Roubini répète que toutes les banques occidentales sont techniquement insolvables, ne fait rien pour arranger le climat, d’autant plus que les investisseurs ont fini par admettre, dans la douleur, que la « main tendue » des autorités se faisait toujours au détriment des actionnaires.

 

         Cette réalisation globale du fait que le rôle des gouvernements, dans un cas de figure comme celui que nous vivons depuis de nombreux mois, est de protéger d’abord les déposants clients des banques,  ensuite les contreparties (surtout depuis l’épisode Lehman) et enfin les créditeurs, mais jamais les actionnaires, détruit à toute vitesse le peu de valeur boursière qui restait à certaines institutions financières.

 

         Et ceci va avoir des conséquences majeures ailleurs que dans le simple cours de bourse des sociétés en question , mais aussi au niveau des titres hybrides, où l’exemple du dernier tour de passe–passe de la Deutsche Bank risque finalement de faire des émules, mais aussi au niveau des « actions préférentielles ».

         Celles-ci, considérées comme des investissements quasi-obligataires, puisqu’elles bénéficient (pour simplifier) de coupons fixes et élevés tant que les entreprises font des bénéfices ou distribuent des dividendes, voient leur prix s’effondrer alors que cette dernière condition des dividendes est logiquement de plus en plus remise en question !

         Ainsi, les trackers suivant cette catégorie de titres se sont effondrés de 41% en 2008, et de 30% ces dix derniers jours. Cela fait beaucoup pour des titres accumulés dans des portefeuilles à la recherche de rendement peu risqués…

 

 

         Et plus que des visions messianiques sur la conjoncture économique à l’horizon de ces deux prochaines années, c’est bien cette extrême fragilité du système bancaire depuis la « mort de la titrisation » qui motive notre mix idéal d’allocation d’actifs toujours aussi frileux depuis mai 2007.

 

         La hausse de la volatilité des actifs, que ce soient les devises, les obligations, le crédit, les devises ou les matières premières est aussi un frein majeur à toute tentative de reprise sérieuse de l’activité, car les « décisionnaires », au niveau micro, ont besoin de visibilité pour relancer des programmes d’investissement (au sein des entreprises) qui se contractent de plus en plus fortement.

         Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Allemagne, qui se vantait de vendre des machines-outils au monde entier quelle que soit la conjoncture ou le niveau de l’euro, commence à souffrir encore plus que des pays moins dépendants du commerce comme la France, et que nous avons pu entendre le ministère de l’économie allemand  déclarer ce matin que la BCE pourrait baisser encore ses taux plus loin…

         Il faudra bien de toute manière que notre chère banque centrale sorte un jour ou l’autre du Wunderland où son retard systématique l’a plongé. Et je me fais un grand plaisir de vous transmettre la version allemande du lapin d’Alice (tout air de ressemblance avec un banquier central est bien sur fortuit) : (http://www.youtube.com/watch?v=RgDCaHTZlJw&feature=related).

 

         Imaginez-vous qu’à l’époque où la FED est massivement engagée dans une phase d’assouplissement quantitatif (même si elle préfère la nommer une politique de crédit), où la BoE vient d’avoir ce matin le feu vert de Mr King pour s’y lancer dans les prochaines semaines, et où le Japon a annoncé s’y remettre (achat de bonds et CP), la BCE, de son coté, a déclaré qu’elle allait durcir les conditions de collatéralisation des ses appels  d’offres.

         Elle n’acceptera plus que des ABS notés AAA, non adossés à d’autres ABS, plantant ainsi une épine supplémentaire dans le pied des banques (espagnoles et hollandaises principalement) qui avaient eu massivement recours à cette facilité en 2008 pour faire face à leurs portages difficiles !

 

         Après le Moon Walking de Mr Jackson, nous avons donc dorénavant le Head Walking de Mr Trichet !

         A sa décharge, il faut bien avouer qu’il est particulièrement entouré. Mr Stark n’(a-t-il pas ainsi déclaré que le plan de relance allemand, qui vient juste d’être décidé, n’aurait finalement que peu d’effets, car le consommateur n’était pas dupe, et savait bien qu’il devrait payer l’addition in fine, en raison de l’accroissement de la dette de l’état subséquente !

         Heureusement que le marché arrive à pricer les taux courts de manière plus intuitive que les taux directeurs, le Tom Next Euro est aujourd’hui à 1.17% ! Et si le Taux Déposit de la BCE avait été fixé à 0% (prix de la sécurité), où serait-il donc allé ?

 

 

 

         Une petite anecdote pour illustrer la raison de l’effondrement des Breakeven des Bonds Indexés Inflation aux Etats-Unis, dont vous verrez le graphe ci-dessous, et qui n’a toujours pas l’air de vouloir repasser en territoire positif, malgré tous les discours sur la bulle obligataire et la politique méga-inflationniste à terme de la FED.

         Les retailers de seconde main aux US, chargés d’écouler les stocks d’invendus, ont désormais le luxe de trier les stocks qu’ils acceptent, qui montent donc de plus en plus en gamme, et vont jusqu’en Sibérie pour vendre des vêtements sortis des grandes enseignes de distribution américaines. Sur le territoire américain lui-même, on voit par exemple des pantalons vendus 160 $ en boutique finirent par être offerts à 7 $ en discount. Du jamais vu.

 

 

 

                        TIPS 5 ans US, toujours en déflation…

           

.

 

 

 

         Ceci expliquant cela, dans ce contexte général, nous restons toujours aussi négatifs pour les matières premières, quoi qu’en pensent les Malthusianistes, regardez le graphe du CRB ci-dessous.

         L’indice a déjà perdu 54% depuis juillet 2008 (470- 215), rien ne l’empêche d’aller voir les 185 (Octobre 2001), et si nous entrons vraiment en phase dépressive, je vous laisse observer par vous-mêmes les objectifs suivants…

 

                        CRB, encore en danger !

 

 

 

           

 

 

 

 

         Dans ce contexte, pas de surprises, nous conservons toujours les mêmes axes :

 

         Profitez de tout repli pour faire des provisions de calls ratios Schatz ou de tunnels Bobl. (Voir ci-dessous)

 

         Sur la poche actions, privilégiez les couvertures options eurostoxx vers le bas, à base de puts ratios thêta neutres, delta short, et véga neutres  comme ci-dessous.

 

 

 

Suivi de position :

 

Eurostoxx :

Février Put Ratio 2200/ 1850 1 par 2  : 87, delta -27%, Thêta créditeur 0.30, P&L + 46

 

Joue parfaitement son rôle. On pourra amoindrir le delta négatif si besoin en revendant un peu de puts en-dehors.

 

Bobl :

Call Ratio  117.50 /118.50 Mars 1 par 2 : 8.5, delta 0%, thêta créditeur 0.40. P&L  + 6

 

Call 117.50 mars – put 116 févriers : 42, delta 43%, thêta créditeur 0.60. P&L  + 16

 

 

Schatz :

Call Ratio  108.10 / 108.60  Mars 1 par 2 : 6, delta 3%, thêta créditeur 0.20

 

 

 

 

 

A votre disposition.

 

Erwan Mahé

Allocation d'Actifs et Stratégies d'Options

 

22, rue des Capucines
75002 Paris

 

TEL : + 33 1 53 05 57 20     

FAX : +33 1 53 29 35 28