20 janvier 2009
Système(s) bancaires (s) et Euro en mauvaise
posture…
Tout d’abord, encore un point rapide sur les soucis des pays
périphériques, le débat s’est encore amplifié depuis hier. J’ai
osé envoyer ce matin un petit IB citant Mme Lagarde, qui annonçait que l’Allemagne avait fini par accéder à la demande
française d’une baisse de la TVA dans Comme
par exemple le soutien aux pays qui souffrent dorénavant d’un spread de taux asphyxiant par rapport au Bund,
au à l’éonia tout simplement. Le Tom Next vaut 1.55%, et la Grèce paye
près de 5.70% de taux à 10ans, et l’Irlande 2.16%, alors que personne ne
croit pourtant que les taux courts de la zone euro soient amenés à remonter
dans un avenir prévisible. Ce
niveau de taux réel pour
des pays déjà en sévère contraction économique est tout simplement insoutenable, et va encore relance le débat sur l’abandon
de la souveraineté monétaire, au sens des taux directeurs et de la valeur de la
devise ! Le
problème, et c’est ce qui m’inquiète le plus, alors que je suis convaincu
que la perte de la monnaie unique serait une catastrophe « civilisationnelle », est que
l’Europe semble complètement démunie contre ce genre d’évènements. Les
allemands ont affirmé dès le début « No
Bail Out », la BCE ne peut acheter de
primaire directement, et les contraintes du traité de Maastricht ne prennent
pas ce critère de spread de taux en compte, alors qu’il agit fortement
sur le déficit primaire. Et
comment les Etats « vertueux » (ce qui reste aussi sujet à débat)
vont-ils pouvoir faire
le « passage », en utilisant leur meilleure
signature pour aider les pays en difficulté à se financer à meilleur coût, s’ils
n’ont aucun contrôle sur la politique
fiscale du pays récipiendaire ? Et
surtout, il semble que le plus grand flou règne
autour de la question de l’avenir de la dette déjà émise par un pays si
celui-ci abandonnait l’Euro. Certains me disent qu’ils rembourseraient
dans leur propre devise,
d’autres que cela n’est pas précisé dans les fiches d’émission,
et d’autres enfin que c’est impossible. Cette
question est de grande importance, car si le remboursement devait rester en
euro, il sera impossible à un pays de s’enfuir, car sa dévaluation
subséquente rendrait le poids de ses remboursements encore plus insoutenables… Même
chose d’ailleurs s’il devait rembourser dans sa devise, mais sur un
nominal calculé à partir du taux de conversion de la
création de l’Euro, car son nouveau cours de référence sera inévitablement
beaucoup plus bas que celui-ci ! Malgré
toutes ces interrogations, nous pensons toujours que la raison l’emportera,
et que l’Euro ne partira pas en fumée dans l’incendie déclenché par
les Subprimes américains, ce qui serait vraiment un comble. On
peut espérer que les déclarations du ministre des finances hollandais, et de Mr Almunia, comme quoi un pays de En
attendant, l’Euro se
déprécie toujours contre dollar et Yen. Sinon,
bien sûr, ce sont les inquiétudes liées aux différentes institutions financières
qui continuent à occuper le devant de la scène, avec une séance horrible hier
pour les banques anglaises, et qui
ne s’arrange pas vraiment aujourd’hui. Après
RBS, c’est
au tour de la Lloyds de
subir les attaques des « short sellers », qui profitent de la levée
de l’interdiction de vente à découvert, mais aussi des actionnaires
classiques, qui assimilent les nationalisations « involontaires »
à des futures spoliations des
actionnaires existants. Le
plan anglais a au moins le mérite d’exister, mais souligne aussi la fragilité extrême de l’économie britannique, en raison
de sa forte dépendance au secteur des services financiers, et Il
faut bien avouer que les volte-face « à la Paulson », engageant par
exemple Northern Rock à
augmenter son volume de prêts alors que cette société devait au contraire,
selon le plan initial post-nationalisation, réduire la voilure, est
symptomatique des difficultés auxquelles sont confrontées les dirigeants. Et
d’ailleurs, pour ceux pensent que la volatilité actuelle de la devise est
trop importante, je vous inclus ci-dessous le graphe de Sterling contre Dollar : 1979 / 1985 :
-57% !
De
toute manière, ce ne sont pas les nouvelles prévisions de Mr Roubini qui vont soutenir les valeurs
bancaires, avec 3 T $
de pertes attendues globalement, il estime que les banques et américaines sont techniquement
déjà insolvables,
et la réaction de State Street
cet après-midi à ses résultats (-50%), est révélatrice du climat de défiance ambiant. Soc
Gén a même déclaré que HSBC,
que l’on pensait assez bine immunisé, devrait perdre 50 B $ sur les prêts immobiliers US, ce qui
implique quelques nouvelles augmentations de capital douloureuses. ET
le segment des Tiers One bancaires
devient lui aussi très compliqué, la transformation par l’Etat anglais de
ses actions ordinaires en actions préférentielles dans RBS bouscule encore un
peu plus les hiérarchies du crédit. Dans
ce contexte, pas de surprises, nous conservons toujours les mêmes axes : Profitez
de tout repli pour faire des provisions
de calls
ratios Schatz ou de tunnels Bobl. (Voir
ci-dessous) Sur
la poche actions, privilégiez
les couvertures options eurostoxx
vers le bas, à base de puts ratios thêta
neutres, delta short, et véga neutres comme
ci-dessous. Suivi de position : Eurostoxx : Février Put Ratio 2200/ 1850 1
par 2 : 61, delta -19%, Thêta créditeur 0.70, P&L + 20 Bobl : Call Ratio 117.50 /118.50 Mars 1 par 2 : 11, delta 4%, thêta créditeur 0.15. P&L + 8.5 Call 117.50 mars – put
116 févriers : 29, delta 50%, thêta créditeur 1.60. P&L + 3 Schatz : Call Ratio 108.10 / 108.60 Mars 1 par 2 : 6, delta 6%, thêta créditeur 0. A votre disposition. Erwan Mahé Allocation d 22, rue des Capucines TEL : + 33 1 53 05
57 20 FAX : +33 1 53 29 35 28 |