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Erwan MAHÉ 
Allocation d'Actifs et Stratégies d'Options 
+33 1 53 05 57 20 

20 janvier 2009                                                        

                                              

             

 

                                    Système(s) bancaires (s) et Euro en mauvaise posture…

           

                                                             

 

            Tout d’abord, encore un point rapide sur les soucis des pays périphériques, le débat s’est encore amplifié depuis hier.

            J’ai osé envoyer ce matin un petit IB citant Mme Lagarde, qui annonçait que l’Allemagne avait fini par accéder à la demande française d’une baisse de la TVA dans la restauration. Cela me semble en effet un signe positif que les allemands pourraient être prêts à devenir moins dogmatiques sur d’autres sujets.

 

            Comme par exemple le soutien aux pays qui souffrent dorénavant d’un spread de taux asphyxiant par rapport au Bund, au à l’éonia tout simplement. Le Tom Next vaut 1.55%, et la Grèce paye près de 5.70% de taux à 10ans, et l’Irlande 2.16%, alors que personne ne croit pourtant que les taux courts de la zone euro soient amenés à remonter dans un avenir prévisible.

            Ce niveau de taux réel pour des pays déjà en sévère contraction économique est tout simplement insoutenable, et va encore relance le débat sur l’abandon de la souveraineté monétaire, au sens des taux directeurs et de la valeur de la devise !

 

            Le problème, et c’est ce qui m’inquiète le plus, alors que je suis convaincu que la perte de la monnaie unique serait une catastrophe « civilisationnelle », est que l’Europe semble complètement démunie contre ce genre d’évènements.

            Les allemands ont affirmé dès le début « No Bail Out », la BCE ne peut acheter de primaire directement, et les contraintes du traité de Maastricht ne prennent pas ce critère de spread de taux en compte, alors qu’il agit fortement sur le déficit primaire.

            Et comment les Etats « vertueux » (ce qui reste aussi sujet à débat) vont-ils pouvoir faire le « passage », en utilisant leur meilleure signature pour aider les pays en difficulté à se financer à meilleur coût, s’ils n’ont aucun contrôle sur la politique fiscale du pays récipiendaire ?

 

            Et surtout, il semble que le plus grand flou règne autour de la question de l’avenir de la dette déjà émise par un pays si celui-ci abandonnait l’Euro. Certains me disent qu’ils rembourseraient dans leur propre devise, d’autres que cela n’est pas précisé dans les fiches d’émission, et d’autres enfin que c’est impossible.

            Cette question est de grande importance, car si le remboursement devait rester en euro, il sera impossible à un pays de s’enfuir, car sa dévaluation subséquente rendrait le poids de ses remboursements encore plus insoutenables…

            Même chose d’ailleurs s’il devait rembourser dans sa devise, mais sur un nominal calculé à partir du taux de conversion de la création de l’Euro, car son nouveau cours de référence sera inévitablement beaucoup plus bas que celui-ci !

            Malgré toutes ces interrogations, nous pensons toujours que la raison l’emportera, et que l’Euro ne partira pas en fumée dans l’incendie déclenché par les Subprimes américains, ce qui serait vraiment un comble.

 

            On peut espérer que les déclarations du ministre des finances hollandais, et de Mr Almunia, comme quoi un pays de la zone Euro ne pourrait pas faire défaut vont dans le bon sens, celui d’une solidarité aux intérêts mutuels bine compris…

 

            En attendant, l’Euro se déprécie toujours contre dollar  et Yen.

 

            Sinon, bien sûr, ce sont les inquiétudes liées aux différentes institutions financières qui continuent à occuper le devant de la scène, avec une séance horrible hier pour les banques anglaises, et qui ne s’arrange pas vraiment aujourd’hui.

            Après RBS, c’est au tour de la Lloyds de subir les attaques des « short sellers », qui profitent de la levée de l’interdiction de vente à découvert, mais aussi des actionnaires classiques, qui assimilent les nationalisations « involontaires » à des futures spoliations des actionnaires existants.

 

            Le plan anglais a au moins le mérite d’exister, mais souligne aussi la fragilité extrême de l’économie britannique, en raison de sa forte dépendance au secteur des services financiers, et la livre Sterling ne s’y trompe pas accumulant record sur record de baisse.

            Il faut bien avouer que les volte-face « à la Paulson », engageant par exemple Northern Rock à augmenter son volume de prêts alors que cette société devait au contraire, selon le plan initial post-nationalisation, réduire la voilure, est symptomatique des difficultés auxquelles sont confrontées les dirigeants.

            Et d’ailleurs, pour ceux pensent que la volatilité actuelle de la devise est trop importante, je vous inclus ci-dessous le graphe de la Livre Sterling contre Dollar, dans sa période de baisse entre 1980 et 1985, les 57% de baisse en question sont encore plus impressionnants.

 

 

                        Sterling contre Dollar : 1979 / 1985 : -57% !

 

 

 

           

 

 

            De toute manière, ce ne sont pas les nouvelles prévisions de Mr Roubini qui vont soutenir les valeurs bancaires, avec 3 T $ de pertes attendues globalement, il estime que les banques et américaines sont techniquement déjà insolvables, et la réaction de State Street cet après-midi à ses résultats (-50%), est révélatrice du climat de défiance ambiant.

 

            Soc Gén a même déclaré que HSBC, que l’on pensait assez bine immunisé, devrait perdre 50 B $ sur les prêts immobiliers US, ce qui implique quelques nouvelles augmentations de capital douloureuses.

 

            ET le segment des Tiers One bancaires devient lui aussi très compliqué, la transformation par l’Etat anglais de ses actions ordinaires en actions préférentielles dans RBS bouscule encore un peu plus les hiérarchies du crédit.

 

 

 

            Dans ce contexte, pas de surprises, nous conservons toujours les mêmes axes :

 

            Profitez de tout repli pour faire des provisions de calls ratios Schatz ou de tunnels Bobl. (Voir ci-dessous)

 

            Sur la poche actions, privilégiez les couvertures options eurostoxx vers le bas, à base de puts ratios thêta neutres, delta short, et véga neutres  comme ci-dessous.

 

 

 

Suivi de position :

 

Eurostoxx :

Février Put Ratio 2200/ 1850 1 par 2  : 61, delta -19%, Thêta créditeur 0.70, P&L + 20

 

Bobl :

Call Ratio  117.50 /118.50 Mars 1 par 2 : 11, delta 4%, thêta créditeur 0.15. P&L  + 8.5

 

Call 117.50 mars – put 116 févriers : 29, delta 50%, thêta créditeur 1.60. P&L  + 3

 

 

Schatz :

Call Ratio  108.10 / 108.60  Mars 1 par 2 : 6, delta 6%, thêta créditeur 0.

 

 

 

 

 

A votre disposition.

 

Erwan Mahé

Allocation d'Actifs et Stratégies d'Options

 

22, rue des Capucines
75002 Paris

 

TEL : + 33 1 53 05 57 20     

FAX : +33 1 53 29 35 28